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Chambre des représentants : 369 voix pour fermer la faille du cloud sur les puces IA chinoises

La Chambre des représentants américaine a voté à 369 voix contre 22 le Remote Access Security Act, qui étend le contrôle des exportations aux puces IA louées à distance, après que des entreprises chinoises ont fait tourner des GPU Nvidia Blackwell depuis des centres de données en Indonésie et en Malaisie sans jamais les posséder.

La rédaction nullbotPublié le 29 août 20265 min de lectureSources (4)
Le Capitole des États-Unis au crépuscule
Martin Falbisoner · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

La Chambre des représentants des États-Unis a adopté le 12 janvier 2026 le Remote Access Security Act par un vote bipartisan écrasant de 369 voix contre 22, étendant le droit américain du contrôle des exportations à un canal qui permettait à des entreprises chinoises d'accéder aux puces IA les plus avancées du pays sans jamais les posséder : la location dans le cloud. Les règles existantes bloquaient déjà la vente ou le transfert physique des processeurs Nvidia et AMD les plus performants vers la Chine, mais ne disaient rien du cas d'une entreprise chinoise louant simplement un serveur à l'étranger pour y faire tourner ses calculs sur du matériel qu'elle n'a jamais importé.

Comment la location contournait l'interdiction

Cette faille avait déjà été exploitée à grande échelle, selon des informations reprises par Tom's Hardware. La start-up shanghaïenne INF Tech aurait accédé à 2 300 GPU Nvidia interdits à l'export en louant 32 serveurs Nvidia GB200 auprès d'un opérateur télécoms indonésien, dans le cadre d'un contrat estimé à 100 millions de dollars — signé, selon la même source, après que le client chinois avait déjà été trouvé. Alibaba et ByteDance ont, séparément, été accusés d'avoir entraîné leurs grands modèles de langage Qwen et Doubao sur des puces Nvidia accessibles via la location de capacité de calcul dans des centres de données d'Asie du Sud-Est. The Register rapporte que des plateformes cloud chinoises, dont Alibaba et Tencent, proposent un accès distant similaire à des GPU sous contrôle d'exportation depuis au moins 2023, parfois via des services grand public comme Amazon Web Services.

Ce que change vraiment la nouvelle loi

Le Remote Access Security Act modifie l'Export Control Reform Act pour que l'accès à distance à un bien contrôlé — et pas seulement sa vente ou sa possession physique — relève désormais du droit américain du contrôle des exportations. Le co-auteur du texte, le représentant John Moolenaar (républicain, Michigan), préside la commission spéciale de la Chambre sur le Parti communiste chinois, qui a annoncé l'adoption du texte.

Les ambitions de Pékin en matière d'IA sont alimentées par son accès à des puces américaines hébergées dans des centres de données situés hors de Chine. Ce texte fait entrer notre droit dans l'ère numérique et établit clairement que le calcul dans le cloud relève du droit américain du contrôle des exportations, au même titre que les puces physiques. Fermer ces failles renforcera la sécurité nationale des États-Unis et protégera l'innovation américaine.

John Moolenaar, président de la commission spéciale de la Chambre sur le PCC

Le représentant Mike Lawler (républicain, New York), à l'origine du texte, a résumé l'enjeu plus crûment : « Nos contrôles à l'exportation ne valent que ce que vaut leur maillon le plus faible, et en ce moment, le PCC dispose d'un outil bien réel pour contourner ces interdictions », a-t-il déclaré selon The Register. Pour devenir loi, le texte doit encore être adopté par le Sénat puis signé par le président Trump — rien de tout cela n'est acquis.

  • 369 voix contre 22 : le résultat du vote à la Chambre le 12 janvier 2026
  • Le texte modifie l'Export Control Reform Act pour couvrir l'accès à distance, pas seulement la vente ou le transfert physique
  • Cas documenté : la location par INF Tech de 32 serveurs Nvidia GB200 en Indonésie, soit 2 300 GPU, pour environ 100 millions de dollars
  • Alibaba et ByteDance accusés d'avoir entraîné Qwen et Doubao sur des puces accessibles via des centres de données d'Asie du Sud-Est
  • Le texte doit encore passer le Sénat et recevoir la signature présidentielle pour entrer en vigueur

Une offensive parallèle au ministère du Commerce

Cette initiative législative s'ajoute à une action distincte du Bureau of Industry and Security (BIS), l'agence de contrôle des exportations du ministère du Commerce américain. Le 13 janvier 2026, le BIS a assoupli un volet du dispositif en annonçant l'examen au cas par cas des demandes de licence pour les puces H200 de Nvidia et MI325X d'AMD, à la suite de la décision du président Trump, en décembre 2025, d'autoriser leur vente à des clients chinois agréés sous conditions strictes — tests indépendants menés aux États-Unis et engagements de contrôle de la clientèle par l'acheteur.

Quelques mois plus tard, le BIS a durci un autre volet du même dispositif. Selon TrendForce, qui cite Reuters, l'agence a décidé fin mai 2026 d'exiger une licence avant toute livraison des puces Blackwell et Rubin de Nvidia, ou MI350X d'AMD, à une entreprise dont la maison mère est basée en Chine — même quand l'entité destinataire se trouve elle-même hors du pays, par exemple en Malaisie. Selon des sources citées par Reuters, les volumes concernés pourraient se chiffrer en centaines de milliers de puces.

Les failles qui subsistent

Aucune des deux mesures ne ferme toutes les brèches. La directive du BIS sur les filiales n'oblige pas les centres de données qui exploitent déjà ces puces à cesser de les utiliser ou de les entretenir, et l'ancien responsable du département d'État Chris McGuire a indiqué à Reuters qu'elle n'impose toujours pas au fondeur taïwanais TSMC de vérifier si les processeurs avancés qu'il fabrique pour d'autres clients finissent par être détournés vers des intermédiaires liés à la Chine. L'accès distant proprement dit reste, lui aussi, difficile à faire respecter : le BIS ne dispose pas aujourd'hui d'une autorité légale explicite pour encadrer à lui seul la location dans le cloud — exactement la brèche que le Remote Access Security Act est censé combler.

Pour les fournisseurs de cloud et les opérateurs de centres de données hors de Chine — en Indonésie, en Malaisie et plus largement en Asie du Sud-Est —, l'effet concret est un alourdissement de la charge de conformité : il faut désormais vérifier non seulement qui loue un serveur, mais qui possède réellement l'entreprise locataire. Pour les entreprises françaises et européennes du cloud et de l'IA, qui dépendent souvent des mêmes plateformes de calcul mondiales que leurs homologues asiatiques, ce durcissement rappelle que l'accès aux puces les plus puissantes reste un levier géopolitique américain, y compris pour les acteurs qui n'ont jamais été visés directement. Pour Pékin, ce resserrement conforte une stratégie déjà engagée : pousser les laboratoires d'IA et les opérateurs cloud chinois vers des puces made in China plutôt que de dépendre — en propriété ou en location — d'un matériel américain que Washington peut restreindre à volonté.

Sources

  1. U.S. House passes bill to stop Chinese companies from accessing export-controlled American AI chips using offshore rental loopholeTom's Hardware · 13 janvier 2026
  2. Congress votes to close China cloud chip export loopholeThe Register · 13 janvier 2026
  3. U.S. Moves to Block AI Chip Exports to Overseas Chinese Units as Loophole May Have Fueled Large ShipmentsTrendForce · 1 juin 2026
  4. Department of Commerce Revises License Review Policy for Semiconductors Exported to ChinaBureau of Industry and Security (BIS), U.S. Department of Commerce · 13 janvier 2026

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