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Un devis de site internet chiffre une livraison. La dépense, elle, court sur des années. C'est tout l'écart entre ce qu'on signe et ce qu'on paie : le devis couvre la fabrication et s'arrête le jour de la mise en ligne, alors que le site, lui, commence ce jour-là. Les pages à corriger, les textes à rafraîchir, le référencement à tenir, les mises à jour de sécurité, la page qu'on voudrait ajouter en mars — rien de tout cela n'est dans le prix affiché, et c'est pourtant là que passe l'essentiel de l'argent. Cette page explique comment se calcule chaque voie, ce que chaque devis laisse dehors, et ce que change un abonnement où une équipe tient le site après la livraison.

Sommaire

  1. 1. Les quatre façons de payer un site
  2. 2. Calculer un devis d'agence, poste par poste
  3. 3. Ce qui n'est jamais dans le devis
  4. 4. Le faire soi-même : le prix est du temps
  5. 5. Le poste le plus lourd : l'abandon
  6. 6. Payer pour l'après, pas pour la livraison
  7. 7. Semaine 1, mois 3, année 2
  8. 8. Les limites, dites franchement
  9. 9. Questions fréquentes

1. Les quatre façons de payer un site

Comparer des montants n'a aucun sens tant qu'on n'a pas comparé les natures de dépense. Quatre voies existent, et elles n'achètent pas la même chose.

  • L'agence — une prestation au devis. On achète un projet borné : cadrage, maquettes, intégration, recette, livraison. Le montant est engagé une fois, il est le plus élevé des quatre, et il donne accès à des métiers qu'on n'a pas en interne. Ce qu'il n'inclut pas, sauf mention écrite, c'est la suite.
  • L'indépendant — la même prestation, sans la structure. Même logique de devis, tarif plus bas parce qu'il n'y a ni commercial ni chef de projet à financer. En contrepartie, une seule personne porte tout : ses congés, sa charge et son éventuel changement d'activité deviennent votre risque.
  • L'outil en libre-service — un abonnement, et votre temps. La dépense mensuelle est modeste et prévisible. Mais l'outil ne fait rien tout seul : il fournit un éditeur, et le travail reste entier. C'est la voie la moins chère en argent et la plus chère en heures.
  • Soi-même, sans outil payant — gratuit en apparence. Il reste l'hébergement, le nom de domaine, et surtout l'apprentissage. Voir la section 4 : ce n'est pas gratuit, c'est simplement facturé ailleurs.

Une cinquième voie s'est ouverte depuis peu, et elle ne se range dans aucune des quatre : l'abonnement où une équipe fabrique le site puis le tient. Elle change la question posée, et c'est l'objet de la section 6.

2. Calculer un devis d'agence, poste par poste

Aucun tarif de référence n'existe : un devis se construit en heures, et les heures se comptent. Plutôt qu'un montant que rien ne corrobore, voici la méthode — vous obtiendrez un ordre de grandeur juste pour votre cas, et vous saurez quelle ligne discuter.

  • Comptez les gabarits, pas les pages. Un site de trente pages qui n'utilise que quatre mises en page coûte bien moins qu'un site de huit pages toutes différentes. C'est le nombre de gabarits à dessiner et à intégrer qui fixe la charge.
  • Ajoutez le contenu, qui est un métier à part. Rédiger les textes, choisir ou produire les photos, écrire les titres. Beaucoup de devis l'excluent en supposant que le client fournira — et c'est le premier poste qui fait déraper les délais.
  • Comptez chaque fonction séparément. Un formulaire de contact, une prise de rendez-vous, un espace client, un encaissement en ligne, un catalogue : chacune est un développement distinct, avec sa recette et ses cas d'erreur.
  • N'oubliez pas les langues. Une seconde langue n'est pas un supplément marginal : c'est un second contenu à rédiger, à relire et à maintenir dans le temps.
  • Appliquez un taux horaire, puis une marge d'imprévu. Les taux varient fortement selon la place et la structure. Un devis sans provision pour les allers-retours est un devis qui sera dépassé.

Deux repères de lecture, plus utiles qu'un prix : un devis qui ne distingue pas ces postes est un devis qu'on ne peut pas comparer, et un devis qui ne mentionne pas la suite est un devis qui s'arrête à la mise en ligne.

3. Ce qui n'est jamais dans le devis

Ces lignes n'apparaissent presque jamais à la signature, et ce sont elles qu'on paie ensuite, souvent au tarif horaire.

  • L'hébergement et le nom de domaine — dépenses annuelles, faibles mais perpétuelles, et à renouveler sous peine de voir le site disparaître.
  • Les mises à jour techniques. Un site bâti sur un logiciel de gestion de contenu reçoit des correctifs de sécurité qu'il faut appliquer. Un site laissé sans mise à jour pendant deux ans n'est pas seulement démodé : il est vulnérable.
  • Les modifications. Changer un tarif, ajouter un membre à l'équipe, publier une page pour une nouvelle prestation. Chacune est une petite intervention, facturée à l'heure ou au forfait, et leur cumul annuel dépasse souvent ce que l'on imaginait.
  • Le référencement. Un site livré n'est pas un site trouvé. Le travail de visibilité est une autre prestation, avec sa propre facture — c'est l'objet de notre page sur le coût d'une agence SEO.
  • Les textes qui vieillissent. Personne ne les met à jour, parce que ce n'est la mission de personne. C'est gratuit et c'est pourtant ce qui coûte le plus cher en clients perdus.

Additionnez ces lignes sur trois ans avant de comparer deux devis. L'ordre du classement change souvent.

4. Le faire soi-même : le prix est du temps

« Je le ferai moi-même » est une décision de trésorerie parfaitement défendable — à condition de chiffrer ce qu'elle consomme réellement. La méthode est la même que pour un devis : on compte les heures.

  • Apprendre l'outil avant de produire quoi que ce soit d'utilisable.
  • Écrire les textes, ce qui est l'étape la plus longue et celle qu'on sous-estime le plus.
  • Trouver des images dont les droits sont clairs, ce qui exclut la plupart de celles trouvées en ligne.
  • Vérifier sur téléphone, où se fait aujourd'hui la majorité des visites, et corriger ce qui s'y casse.
  • Traiter les obligations : mentions légales, information sur les cookies, conditions de vente s'il y a paiement.

Multipliez ce total par ce que vaut une heure de votre temps — pas votre salaire, mais ce que vous auriez produit à la place. Pour un dirigeant qui aurait pu prospecter, l'arbitrage se retourne fréquemment. Et le calcul ne s'arrête pas là : ces heures reviennent chaque fois qu'il faut modifier quelque chose.

5. Le poste le plus lourd : l'abandon

C'est la dépense dont aucun devis ne parle, et de loin la plus élevée. Un site livré, puis laissé tel quel, perd sa valeur mois après mois : les informations deviennent fausses, le référencement s'érode faute de signaux nouveaux, et le visiteur qui tombe sur une page datée en tire une conclusion sur l'entreprise entière.

Le mécanisme est toujours le même, et il n'a rien à voir avec un manque de volonté. La mise en ligne est vécue comme une fin. Le budget est consommé, l'attention repart vers l'activité, et il n'existe personne dont la mission soit d'ouvrir le site le mois suivant. Deux ans plus tard, on paie une refonte — c'est-à-dire qu'on paie une deuxième fois la fabrication, pour la même raison qu'on paiera une troisième fois.

Ce coût ne se lit nulle part en comptabilité. Il se lit dans les devis qu'on ne reçoit pas.

6. Payer pour l'après, pas pour la livraison

C'est ici que la question change. Si la dépense réelle se situe après la mise en ligne, alors ce qu'il faut acheter n'est pas une fabrication : c'est quelqu'un dont le travail continue.

Chez nullbot, la création est le point de départ. On décrit le site en conversation ; plusieurs pistes sont proposées ; on regarde l'aperçu et on corrige en parlant. Le site peut recevoir des images, un espace client avec ses comptes, un encaissement, et son propre nom de domaine — que l'on peut chercher et vérifier depuis l'outil. Chaque version est conservée, ce qui permet de revenir en arrière sans rien perdre.

Mais ce n'est pas ce qu'on vend. Ce qu'on vend, c'est ce qui vient ensuite : une équipe d'agents qui reprend le site et le fait vivre. Elle publie, corrige, tient le référencement, répond aux messages arrivés par le formulaire, signale ce qui est cassé. On ne redemande pas de devis pour ajouter une page. Il n'y a pas de mois où personne ne s'en occupe, parce que c'est exactement la mission de l'équipe.

La dépense devient alors un abonnement mensuel, comparable dans sa nature à un abonnement d'outil — mais il ne fournit pas un éditeur à remplir soi-même : il fournit le travail. C'est la différence qui compte, et c'est celle qu'on ne voit pas au moment de signer.

7. Semaine 1, mois 3, année 2

La bonne façon de comparer deux offres est de se demander ce qui se passe à ces trois moments.

  • Semaine 1. Le site existe, il est en ligne à son adresse, les mentions obligatoires sont en place, le formulaire arrive quelque part où quelqu'un le lit. Les quatre voies savent faire cela.
  • Mois 3. Deux tarifs ont changé, une prestation a été ajoutée, quinze messages sont arrivés, et trois pages parlent d'un service abandonné. La question n'est plus « le site est-il beau ? » mais « qui a fait ces corrections ? ». C'est là que les voies se séparent.
  • Année 2. Le logiciel a reçu des correctifs, le contenu a vieilli d'un an, les concurrents ont publié. Soit quelqu'un a travaillé chaque mois, soit une refonte est à budgéter. Il n'y a pas de troisième issue.

8. Les limites, dites franchement

Une équipe d'agents ne convient pas à tout, et il vaut mieux le savoir avant de payer.

  • Une identité visuelle originale reste un métier humain. Si votre marque se joue sur un parti pris graphique fort, un directeur artistique fera mieux, et c'est un budget assumé.
  • Une fonction sur mesure complexe — un logiciel métier accessible depuis le site, une intégration avec un système interne particulier — sort de ce cadre.
  • Ce qui engage l'entreprise reste soumis à validation. C'est voulu : on ne veut pas d'un tarif publié sans qu'un humain l'ait lu. Cela suppose donc que quelqu'un valide, même brièvement.
  • Aucun résultat de visibilité ne peut être promis. Ni par une agence, ni par une équipe d'agents. Ce qui se promet, c'est le travail fait régulièrement — pas une position.

9. Questions fréquentes

Pourquoi refuser de donner un prix moyen pour un site internet ?

Parce qu'un tel chiffre n'aiderait pas à décider et serait faux pour presque tout le monde. Un site vitrine de cinq pages et une boutique multilingue avec espace client n'ont rien de comparable, et les taux horaires varient fortement d'une place à l'autre. La méthode de la section 2 donne un ordre de grandeur juste pour votre cas ; un prix moyen ne donnerait qu'une fausse assurance.

Un site fait par des agents est-il moins bon qu'un site d'agence ?

Sur un parti pris graphique original, une agence fera mieux — c'est dit à la section 8. Sur ce qui décide de la plupart des sites d'entreprise, en revanche — des informations à jour, des pages qui se chargent, un formulaire qui arrive, du contenu publié tous les mois — la différence se joue moins à la livraison qu'au sixième mois, et c'est précisément là qu'un site d'agence non suivi décroche.

Je paie déjà une agence pour la maintenance. Où est la différence ?

Un contrat de maintenance couvre en général la disponibilité et les mises à jour techniques : il maintient le site en état de fonctionner. Il ne publie pas, ne rédige pas et ne répond pas aux messages — les modifications de contenu y sont le plus souvent facturées en plus. La différence porte donc moins sur le prix que sur le périmètre : entretenir un site n'est pas le faire vivre. Comparez les deux contrats sur ce point précis.

Puis-je récupérer mon site si j'arrête ?

C'est la bonne question à poser à tout prestataire, avant de signer. De notre côté, le nom de domaine vous appartient et se transfère, et le contenu s'exporte. Posez la même question aux autres : la réponse est un critère de choix au moins aussi important que le montant.

Et si je n'ai vraiment aucun budget ?

Alors commencez par ce qui ne coûte rien : une fiche d'établissement soignée, une page unique honnête, un moyen d'être joint qui fonctionne. C'est l'objet de notre page sur la gestion d'une entreprise sans budget marketing. Un site payé et abandonné vaut moins qu'une page gratuite tenue à jour.

Pour aller plus loin

Lire ensuite : comment se crée le site, étape par étape, ce que coûte une application mobile, ou ce que coûte une agence SEO.

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