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Bill Gates alerte sur un risque d’un milliard de morts lié à l’IA

Le 25 septembre, Bill Gates a estimé que l’usage malveillant de l’IA avancée pourrait provoquer un événement faisant un milliard de morts et a réclamé des règles contraignantes.

La rédaction nullbotPublié le 26 septembre 20264 min de lectureSources (2)
Bill Gates lors d’une réunion de la Commission européenne en 2023.
European Commission - Photographer: Lukasz Kobus · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

Le 25 septembre, des informations fondées sur des extraits d’un entretien à paraître sur NBC ont rapporté que Bill Gates jugeait l’intelligence artificielle assez puissante pour permettre un événement susceptible de causer un milliard de morts. Le cofondateur de Microsoft ne décrit pas une IA qui déciderait seule d’éliminer l’humanité. Son avertissement vise l’emploi d’outils d’IA avancés par des personnes mal intentionnées et s’accompagne d’un appel à une régulation publique obligatoire.

Le risque évoqué est celui d’un détournement humain

D’après les extraits cités par Axios, NBC et le quotidien sud-coréen Electronic Times, Bill Gates a déclaré qu’il n’y avait « jamais eu d’arme aussi puissante que la combinaison de gens mal intentionnés et des derniers outils d’IA ». La formule sur un milliard de morts décrit, selon les sources disponibles, l’ampleur potentielle d’un dommage. Elle ne fournit ni probabilité, ni échéance, ni démonstration d’un scénario précis.

Cette limite est essentielle à la lecture de ses propos. Les extraits publiés portent sur l’utilisation criminelle ou massivement nocive de systèmes plus performants, et non sur une machine qui agirait de manière autonome. Bill Gates ne mentionne, dans les éléments accessibles, ni arme biologique, ni drone autonome, ni cyberattaque, ni autre vecteur déterminé. Il n’explique pas non plus comment il aboutit au chiffre d’un milliard de morts.

  • L’alerte porte sur l’usage de l’IA par des acteurs malveillants.
  • Les extraits ne détaillent aucun scénario conduisant à un milliard de morts.
  • Bill Gates estime que l’autorégulation des entreprises ne suffit pas.
  • Il demande des garde-fous et une surveillance obligatoires associant pouvoirs publics et forces de l’ordre.

Une régulation obligatoire plutôt que volontaire

Bill Gates tire de cette inquiétude une conclusion politique nette. Dans la séquence consacrée à la régulation, publiée par NBC News, il affirme que personne ne pense que l’autorégulation soit suffisante. Interrogé par Kristen Welker sur la nécessité pour Washington d’adopter une loi, il répond « absolument », selon les sources. Il veut que les responsables politiques et les autorités chargées de l’application de la loi participent à la définition des protections et des mécanismes de suivi.

La proposition reste cependant peu détaillée. Les sources ne citent ni projet de loi, ni organisme compétent, ni seuil technique déclenchant des obligations, ni méthode de contrôle. Gates reconnaît que de nouvelles règles imposeraient une charge supplémentaire aux entreprises. Il soutient toutefois que cette charge ne ralentirait pas de façon spectaculaire le développement technologique.

Un entretien intégral attendu le 27 septembre

L’entretien a été enregistré le 23 septembre avec Kristen Welker, présentatrice de Meet the Press, l’émission politique dominicale de NBC. Sa diffusion intégrale est annoncée pour le 27 septembre. Les articles parus avant cette diffusion reposent donc sur des passages sélectionnés. Il reste possible que l’émission complète apporte des précisions sur la portée du chiffre avancé, les usages redoutés ou les mesures qu’il privilégie.

La prise de parole de Bill Gates est suivie de près en raison de son parcours, sans que celui-ci constitue une preuve de son estimation. Cofondateur de Microsoft, il a joué un rôle déterminant dans le partenariat entre l’entreprise et OpenAI, partenariat qui a contribué à mettre ChatGPT à la disposition du grand public. Il consacre aujourd’hui l’essentiel de son temps à sa fondation, selon la source française.

Des dirigeants de la tech en désaccord

L’intervention s’inscrit dans un débat marqué par des positions opposées au sein du secteur. Electronic Times rapporte que Dario Amodei, dirigeant d’Anthropic, a récemment défendu l’idée de modérer le rythme de développement des modèles avancés. Mustafa Suleyman, responsable de l’IA chez Microsoft, a lui aussi souligné la nécessité de garde-fous. À l’inverse, Mark Zuckerberg, dirigeant de Meta, et Jensen Huang, dirigeant de Nvidia, se sont montrés défavorables à un ralentissement volontaire du développement, selon cette même source.

La source française indique que plusieurs dirigeants d’entreprises américaines d’IA avaient reconnu, quelques semaines auparavant, la nécessité de ralentir le rythme. Pour Bill Gates, cette bonne volonté ne résout pas le problème. Son raisonnement est concurrentiel : si une entreprise promet de se limiter alors qu’un rival accélère, rien ne garantit qu’elle maintienne cet engagement sans contrôle extérieur. Il avait déjà évoqué une taxe sur l’IA et écrit en août, sur son blog Gates Notes, qu’au rythme actuel le risque d’un bilan globalement négatif était « très élevé ».

Les enjeux pour le débat français et européen

En France comme dans le reste de l’Europe, cette déclaration alimente surtout la discussion sur la manière de passer de principes de sécurité à des obligations vérifiables. Les propos rapportés de Gates ne permettent pas d’évaluer la vraisemblance de son chiffre, mais ils posent une question concrète : quels acteurs publics doivent contrôler les usages les plus sensibles, et avec quels moyens ? Son appel à associer responsables politiques et forces de l’ordre soulève aussi la question de l’équilibre entre prévention des abus, innovation et garanties juridiques.

Les faits disponibles permettent d’établir deux éléments : Bill Gates met en garde contre une amplification catastrophique des capacités de nuisance humaines par l’IA, et il demande des règles contraignantes. Ils ne permettent pas de présenter un milliard de morts comme une prévision étayée. La diffusion complète de l’entretien le 27 septembre pourra éclairer ce point. En attendant, son intervention illustre une fracture durable : celle entre la confiance dans les engagements volontaires du secteur et la demande d’un contrôle public effectif.

Sources

  1. Pour Bill Gates, l'IA pourrait causer « un milliard de morts » — Frandroidfrandroid.com
  2. 빌 게이츠 “AI, 10억명 사망 초래할 만큼 강력…정부 규제 필요” - 전자신문etnews.com

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