L’Académie Goncourt retire le roman de Thélyson Orélien après accusations d’IA et de plagiat
L’Académie Goncourt a retiré le roman primé C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien de sa longue liste le 25 septembre 2026, invoquant des résultats de détection d’IA contestés et des allégations de plagiat distinctes.

Le 25 septembre 2026, l’Académie Goncourt a officiellement annoncé le retrait du roman C’était ça ou mourir, signé par l’écrivain canadien‑haïtien Thélyson Orélien, de la longue liste du prix. Cette décision a été prise à la suite d’une dénonciation émise par le compte anonyme Balance ton Claude, qui a affirmé qu’un service de détection nommé Pangram avait identifié vingt passages du texte comme étant générés par une intelligence artificielle.
Le même compte anonyme a ensuite été identifié comme le chroniqueur du Figaro, Samuel Fitoussi, qui a publié l’allégation sans fournir les données sous‑jacentes permettant de vérifier la prétendue détection. Dans sa déclaration, l’académie a souligné son désir de protéger l’intégrité du prix et la littérature écrite par des humains, tout en reconnaissant que le roman était « probablement largement assisté par IA ».
Résultats contradictoires des détecteurs
Des médias français ayant reproduit les mêmes tests avec d’autres outils de détection ont conclu que le texte était « probablement écrit par un humain ». Ces conclusions divergentes mettent en lumière l’absence de consensus sur la fiabilité des détecteurs d’IA, un point régulièrement souligné par les observateurs du dossier.
Thélyson Orélien a, de son côté, catégoriquement nié toute utilisation d’intelligence artificielle, arguant que le langage, les images et les rythmes caractéristiques haïtiens et caribéens du roman proviennent de son propre vécu culturel, et non d’une machine.
Allégations de plagiat distinctes
Parallèlement au débat sur l’IA, des reportages séparés ont soulevé des soupçons de plagiat. Une affirmation a lié un passage de C’était ça ou mourir à une nouvelle plus ancienne, tandis qu’une autre a évoqué une similitude avec un paragraphe du classique français Le matin des magiciens.
L’Académie Goncourt a rappelé que la revendication du détecteur et les allégations de plagiat constituent des questions distinctes qui ne doivent pas être confondues. Elle a mis en garde contre le mélange des deux, qui risquerait de masquer la question centrale de savoir si le roman est principalement d’auteur humain.
Le roman avait déjà connu un succès commercial notable, remportant le Prix du roman Fnac et atteignant environ 35 000 exemplaires vendus avant son retrait de la longue liste du Goncourt.
L’éditeur canadien Boréal, qui gère les droits anglophones d’Orélien, a déclaré ne pouvoir ni confirmer ni infirmer les allégations. L’éditeur a exhorté les journalistes et le public à faire preuve de retenue jusqu’à la présentation de preuves crédibles.
Chronologie du processus du prix
- Longue liste annoncée – début septembre 2026
- Retrait de C’était ça ou mourir – 25 septembre 2026
- Publication de la courte liste – 6 octobre 2026
- Annonce du lauréat final – 4 novembre 2026
Le retrait n’affecte pas les autres titres de la longue liste, qui continueront d’être évalués pour la courte liste du 6 octobre. L’académie a indiqué que la décision visait à préserver la confiance dans le prix tout en réexaminant les preuves de détection contestées.
Pour les organisations francophones, ce cas souligne la nécessité d’établir des politiques claires concernant le contenu généré par IA et la vérification du plagiat. Les maisons d’édition, les institutions culturelles et les entreprises doivent considérer les résultats des détecteurs comme un élément parmi d’autres, valider les accusations avec plusieurs outils et séparer les doutes techniques des accusations légales avant d’envisager des mesures punitives.
Les débats autour de ce retrait ont également relancé la discussion sur la place de l’intelligence artificielle dans la création littéraire, un sujet qui polarise auteurs, critiques et jurys de prix depuis plusieurs années.
Certaines associations d’écrivains ont appelé à une réflexion collective afin d’élaborer des critères transparents pour juger de l’implication de l’IA, tandis que d’autres défendent la liberté d’expérimentation technologique comme une évolution naturelle du métier d’écrivain.
En attendant, le public reste divisé : une partie du lectorat exprime sa déception face à la possible perte d’authenticité, alors que d’autres voient dans cette controverse une occasion de repenser les notions de créativité et d’originalité à l’ère du numérique.
À Paris, où se tient chaque année la cérémonie du prix Goncourt, les librairies ont remarqué une hausse des ventes du roman malgré le retrait, signe que la polémique a suscité un intérêt supplémentaire pour l’œuvre d’Orélien.
Sources
- Novelist accused of using AI to write book removed from French prize listThe Guardian · 25 septembre 2026
- L’académie Goncourt se positionne vite et maladroitement contre l’IA générativeNext · 25 septembre 2026



