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OpenAI : un ingénieur arrêté après la découverte d’un enregistreur

Le FBI a arrêté un ingénieur d’OpenAI soupçonné d’avoir caché un enregistreur dans une salle de réunion des dirigeants, relançant le débat sur la sécurité physique des laboratoires d’IA.

La rédaction nullbotPublié le 14 octobre 20264 min de lectureSources (2)
Le Pioneer Building à San Francisco, qui abrite les bureaux d'OpenAI
HaeB · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Le FBI a arrêté le 9 octobre Abdulrahman Alfozan, ingénieur d’OpenAI âgé de 35 ans et ressortissant saoudien. Le ministère américain de la Justice indique qu’il est poursuivi pour avoir utilisé ou tenté d’utiliser un dispositif électronique, mécanique ou autre afin d’intercepter des communications orales. Il a comparu pour la première fois devant un tribunal fédéral le 13 octobre. Ces éléments décrivent une accusation : l’intéressé est présumé innocent tant qu’il n’a pas été jugé.

L’affaire porte sur un enregistreur audio découvert dans un bâtiment d’OpenAI à San Francisco. D’après la plainte pénale, des employés ont trouvé l’appareil le 30 septembre dans une salle de réunion réservée aux dirigeants. Il était branché sur un port USB situé à l’arrière d’un téléviseur et dissimulé sous du papier toilette. La plainte indique que son contenu était chiffré et qu’il aurait été installé autour du 28 septembre.

Une salle au cœur des secrets de l’entreprise

La salle accueillait des réunions consacrées à des sujets techniques, commerciaux et stratégiques confidentiels. Selon la plainte, les échanges pouvaient concerner des recherches propriétaires, des projets de produits, des possibilités de développement commercial, les progrès techniques d’OpenAI, ses priorités, ses relations avec les pouvoirs publics et ses partenaires commerciaux.

Le FBI affirme qu’Alfozan n’avait pas l’autorisation d’accéder à cette salle ni de participer aux réunions qui s’y tenaient. Des images de vidéosurveillance l’auraient montré à proximité à plusieurs reprises avant la découverte de l’appareil. Ces images et l’enregistreur sont présentés dans la plainte, mais leur portée devra être examinée dans le cadre judiciaire.

La plainte allègue aussi que l’ingénieur serait entré dans la salle le 5 octobre et aurait semblé regarder derrière le téléviseur. Le même jour, des agents de sécurité d’OpenAI auraient trouvé un second enregistreur similaire dans un sac laissé sans surveillance dans une autre pièce. Le sac contenait également son portefeuille et sa pièce d’identité.

Des recherches sur les locaux et les appareils

Les enquêteurs affirment qu’Alfozan aurait utilisé un outil de productivité pour se renseigner sur les adresses des bâtiments, les salles de réunion, leur capacité, les calendriers, les lieux où se trouvaient les dirigeants et les réunions avec des partenaires extérieurs. La plainte présente ces recherches comme des éléments de l’enquête, et non comme une preuve déjà établie par un jugement.

Elle mentionne également un compte de chatbot associé à l’épouse de l’accusé. D’après le document, ce compte partageait plusieurs identifiants et caractéristiques avec celui d’Alfozan. Entre le 24 et le 30 septembre, il aurait servi à poser des questions sur la fabrication, la personnalisation, l’installation, les tests, la dissimulation et l’accès à distance d’un dispositif d’enregistrement audio.

Les requêtes évoquées portaient notamment sur :

  • la construction d’un enregistreur audio continu ;
  • la personnalisation d’une connexion Wi-Fi ;
  • l’amélioration de l’écoute audio en direct ;
  • le chiffrement d’une carte SD ;
  • l’en-tête personnalisé et l’adresse MAC du premier appareil.

Certaines requêtes auraient concerné précisément l’appareil retrouvé dans la salle entre le 27 et le 28 septembre. Les sources disponibles ne signalent aucune poursuite contre l’épouse d’Alfozan.

La réponse d’OpenAI

OpenAI affirme prendre très au sérieux la protection de sa technologie, de ses données et de ses employés, et considère l’affaire comme une question d’importance nationale. L’entreprise assure n’avoir trouvé aucun signe d’accès ou d’exfiltration de ses paramètres de modèles, de son code source ou des données de ses clients.

Selon les informations rapportées par ZDNet France, OpenAI aurait restreint les accès de l’ingénieur, utilisé ses propres modèles d’IA pour contribuer à son identification, alerté le FBI et licencié l’intéressé le jour de son arrestation. Ces informations sont attribuées à l’entreprise ou au média cité et ne constituent pas des constatations judiciaires définitives.

Le ministère de la Justice présente la procédure comme une contribution à la protection des technologies américaines et à la mise en œuvre du National Security Presidential Memorandum 11. Des responsables américains qualifient l’affaire de sujet de sécurité nationale et de contre-ingérence. Il s’agit de leur caractérisation officielle, tandis que les accusations devront être examinées par la justice.

En cas de condamnation, Alfozan encourrait jusqu’à cinq ans de prison, 250 000 dollars d’amende et trois ans de liberté surveillée. Le FBI poursuit son enquête. Une audience sur sa détention était annoncée pour le 19 octobre par ZDNet France.

Ce que les organisations doivent retenir

Pour les entreprises françaises et européennes, l’affaire rappelle que la sécurité des laboratoires d’IA ne se limite pas aux réseaux informatiques. Il faut contrôler l’accès aux salles de direction, inspecter les équipements branchés, protéger les calendriers de réunion, signaler les présences inhabituelles et prévoir une procédure de conservation des preuves. Ces mesures ne préjugent pas de la culpabilité d’une personne, mais réduisent les risques d’enregistrement non autorisé et facilitent une réponse conforme au droit.

Sources

  1. Saudi National Arrested for Installing Surreptitious Audio Recording Device at OpenAIU.S. Department of Justice · 13 octobre 2026
  2. OpenAI : un ingénieur arrêté pour avoir caché un enregistreur dans la salle de réunion des dirigeantsZDNet France · 14 octobre 2026

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